Un nouveau phénomène commence a émergé dans les pays nordiques et notamment en Suède où on lui a donné le nom de “flygskam” : autrement dit la honte de prendre l’avion.

En ces temps où les valeurs écologiques sont mises en avant et les comportements polluants montrés du doigt beaucoup de voyageurs se posent à juste titre la question de leur pollution personnelle pour se rendre en vacances. Peut on continuer à proner l’écologie alors que chaque semaine de congé est utilisée pour partir à l’autre bout du monde et implique des émissions de CO2 non négligeables et surtout non indispensables.

Ce phénomène, qui rappelle un peu le “name & shame” de grands groupes pollueurs, reproduit à l’échelle individuelle la stigmatisation des voyageurs qui n’arrêtent pas de prendre l’avion pour ramener quelques photos de vacances clichés de l’autre bout du monde. Le phénomène va plus loin et on arrive à des moqueries sur les réseaux sociaux sur les photos de vacances de l’autre bout de la planète.

Cette nouvelle manière de penser le voyage, bien qu’encore anecdoticte, a cependant déjà contribué à faire baisser les ventes de billets d’avion dans certains pays. Les chiffres commencant mme à inquiéter certaines compagnies aériennes qui ont dû répondre dans la précipitation pour expliquer les compensations carbone qu’elles vont mettre en place pour chaque voyage.

Cette prise en compte environnementale de l’impact de chaque trajet amène encore un peu plus les touristes à repenser leur mode de vacances et de voyage. Le train est de plus en plus plébiscité même sur des distances relativement longues, le train de nuit (que l’on a quasiment supprimé) revient à la mode dans certains pays. Toutes ces considérations nous ramènent au slow travel qui consiste à voyager lentement, à prendre son temps. Les grands voyages en train, type transibérien ont ainsi de plus en plus le vent en poupe, les voyages à vélo explosent, et les voyages à pieds sont de plus en plus pratiqués.

Il est également important de nuancer le caractère polluant de l’avion. En effet par rapport au train électrique par exemple l’avion est quasi 20 fois plus polluants. Mais par rapport à la voiture l’avion sera quasiment aussi polluant qu’un véhicule en milieu urbain qui ne transporte qu’un seul passager. Et même si le transport aérien ne représente actuellement que moins de 3% des émissions mondiales de dioxyde de carbone il est en plein essor puisque le traffic aérien global devrait doubler d’ici une vingtaine d’année.

Il est donc légitime aujourd’hui pour chacun de se demander quel touriste il souhaite devenir dans un futur proche ? Quelles sont les véritables valeurs du tourisme ? Pourquoi aller passer 5 jours à plus de 2000 km de chez soi lorsque l’on connait si peu son propre pays ?

Nous pouvons donc conclure sur cette fameuse phrase qui résume l’ensemble de ce phénomène : “L’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage” Robert Louis Stevenson.

Claire

Curieuse de toutes les tendances actuelles pour voyager autrement je souhaite partager avec vous les orientations de demain du monde du voyage.
Claire